Sortie traineau dans le Jura

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Sortie traineau dans le Jura

Message par musher le Jeu 27 Fév - 15:18

Mes obligations professionnelles et familiales me permettant de partir 4 jours, je décide d'aller dans le Jura malgré la météo peu engageante (pluie et 2 nuits avec des bourrasques à 60 km/h)

Le temps de charger le camion, direction le Jura. A 19 h, rendez vous avec Draven sur un parking pour éventuellement se retrouver samedi soir au bivouac qu'il fait avec un copain. Mais la météo est pas avec nous. Pluie chez lui et neige dans le sud du Jura.

Je passe la nuit au départ de mon itinéraire (nuit assez courte et entrecoupée avec les rafales de vent qui me réveille régulièrement)
Le matin, il pleut et la piste est dans un sale état. Les racines apparaisent par endroit. Dimanche, je vais rentrer sur la terre.

Message à Draven et direction le sud vers Bellecombe, les Moussières.

Sur place, avec la neige qui tombe dru et le ciel bas, pas moyen de répérer un spot de départ.
Soit ça monte à pic, soit je vois pas à 50 m. En plus quand je vais voir à pied, je m'enfonce jusqu'aux genoux dans une neige mouillée et collante. Les chiens vont ramer, le traineau va pas glisser et je vais pas pouvoir les aider.

A 14 h, n'ayant pas trouvé de lieu de départ, direction la Pesse, il y a des pistes pour les chiens, le fond sera dur et je connais le tracé.

Le temps de manger un morceau de fromage et de pain et je pars sur la 15 km avec mon EDC verte en bandoulière.

Au bout d'un 1/4 h, en voulant aider les chiens à passer une zone de neige mouillée, dans un fond, mon pied passe au travers de la neige et va dans le ruisseau en dessous. Une coque pleine d'eau et l'autre pas mieux. Tant que je bouge, ça va.(Ca m'apprendra à pas mettre les guêtres et à compter sur les guêtres du pantalon).

Après quelques plantages dans les congères, Taiga en tête repère sous la neige la piste et reste sur la trace.
Avec la neige mouillée qui tombe, mes gants en polaire sont trempés. Le temps de les enlever, première onglée.
En sortant des bois pour les derniers kilomètres, vent avec la neige en pleine face. La neige colle sur ma veste en cordura qui est trempée.
Les mitaines sont trempées et à 2km du camion, 2ème onglée qui me porte au coeur. Ca va pas bien. Pas assez mangé à midi.
Je mange une des 2 barres commando de ration qui est dans l'EDC. 2 minutes après, ça va beaucoup mieux (effet psycologique ou effet réel ??)

2ème nuit aussi courte dans la camion.

Samedi matin, je repare chercher un spot de départ pour mon bivouac.
Je tombe sur une musheuse pro que j'ai eu en stage lors de sa formation.
Elle me montre d'où partir et comment éviter les pistes de ski de fond dans la combe.

A 14 h après avoir chargé le traineau, je pars.


Après un parcours dans la combe sur les traces de la musheuse pro, je monte dans les bois et prend une trace de raquettes.
Parfois les chiens ont du mal à faire la trace dans la neige mais ça va, on avance.
La neige n'arrête pas de tomber.

A 16h, je tombe sur une cabane en bois avec un poele, qui sert aux mushers pro pour emmener leurs clients en raid. Ca ferra un bon backup mais je peux pas y rester car je sais pas si elle ne sera pas utilisée cette nuit.


Je continue à suivre une trace de raquettes. Au bout d'un moment, elle zigzage entre les arbres et s'enfonce dans les bois à mi-pente. Je ne peux plus faire demi tour car c'est trop étroit pour le traineau entre les arbres. Et en plus avec la pente, lorsque le traineau sera parallèle à la pente, il risque de partir en arrière sans qu'on puise le retenir.

N'ayant personne en raquette avec moi pour reconnaitre l'itinéraire, je peux m'avancer que de quelques mètres devant l'attelage pour voir si ça passe.

La neige passe sournoisement à la neige mouillée.

Les chiens rament dans la neige lourde, le traineau glisse pas et régulièrement se renverse dans les trous ou se coince dans les sapins.

On avance de plus en plus mal. A chaque fois que le traineau se renverse ou se coince dans un arbre, c'est la galère pour le sortir car je m'enfonce jusqu'aux genoux, voir mi-cuisse.

A 16 h 30, ne pouvant pas retourner à la cabane et ne voyant pas d'endroit pour bivouaquer, je cherche une trouée qui me permettrait de redescendre dans la combe, vers la route. Il y a pas de barre rocheuse sur la carte et la neige est assez épaisse pour pouvoir descendre une pente à pic.
Finalement, je vois une trouée dans les arbres. Au bout de 10 minutes de manoeuvre avec les chiens pour engager le traineau dans la trouée, sans le coincer dans un sapin, on descend tout schuss.
A la sortie du bois, on passe un mur haut comme une maison pour finir dans la combe.

Je longe la lisière pour me trouver un bosquet.
Maintenant, il pleut avec des grosses rafales de vent.
Un gros conifère avec des branches jusqu'au sol et deux ou trois autres à côté. On s'y arrête. Il est presque 18 h et il va bientôt faire nuit.

Je tend la ligne d'attache des chiens entre 3 arbres avec le moufle et décharge le traineau sous le gros sapin.
Je suis intégralement trempé et avec les rafales de vent, je sens le froid. J'enfile la stowaway sous la veste de cordura. Ca coupe le vent. Ca va tant que je bouge mais faudra vite manger et boire chaud quand je vais m'assoir.
L'idée que dans une des caisses, il y a mon sac à viande en polaire, un caleçon et un sweat en polaire au sec dans un sac étanche me réconforte.

J'ai mis les 2 caisses en L pour faire paravent, plus le paravent en alu du réchaud. Malgré ça, pas moyen d'allumer le réchaud avec les 2 briquets bic : trop vent, doigts mouillé et pluie.
Je réussis à l'allumer avec 2 allumettes tempêtes grattées en même temps mais le vent éteint le réchaud. Je commence à plus trouver ça drôle du tout. Grand moment de solitude.


Le méta que je mets sur le réchaud veut pas s'allumer. Quand à verser de l'essence sur le bruleur pour réchauffer l'essence, la dernière fois, ça m'a valu des flammes de 50 cm et un coup de koflack pour l'envoyer s'éteindre dans la congère. Là de nuit, je risque de ne pas le retrouver.
A la 3ème tentative, il reste allumer.
Je remplis le faitout de neige, la tasse avec les gants en caoutchouc que j'ai mis pour éviter une onglée et verse dessus le contenu de la thermos d'un 1 litre pour accélerer la fonte.
Le réchaud ronfle et les chiens vont manger chaud car la nuit va être merdique pour eux aussi.
Au pire, j'aurai pu me faire chauffer un quard d'eau sur le réchaud Esbit de secours, dans la tente mais les chiens auront pas eu d'eau.

Je monte la tente malgré le vent et la pluie.
Chaque fois que j'ouvre une caisse, le contenu à l'intérieur est mouillée par les rafales de pluie.
Gamelle aux chiens pendant que la bouilloire chauffe puis dès que je m'assois, bol de soupe pendant les lyophilisées gonflent, Pate à la carbonara, qui ont jamais été aussi bonne puis bol de thé avec un nougat.
Pendant que je mange et range le matériel, j'ai remis à fondre de la neige avec le reste d'eau, pour demain matin.

Je rassemble tout, mets ce que je peux à l'abri dans les caisses. Je vérifie la stake des chiens et le moufle pour la nuit.
Les vieux ont creusés la neige jusqu'au sol et se sont couchés en boule, dos au vent, la truffe à l'abri sous la queue. Les vieux briscards connaissent la chanson. Le jeune groenlandais et le husky tournent en rond, sachant pas comment se protéger des rafales de pluie.
Je rentre à l'abri dans la tente. Mes fringues sont trempées. Lorsque je mets ma polaire dans un coin de la tente, un filet d'eau coule sur le sol tellement elle est gorgée d'eau.

La tente est montée en pente et je mets mes tapis de sol en bas (de toute façon j'y glisserai dans la nuit alors autant que ce soit moi qui m'y installe correctement). Il y a 1 cm d'eau dans le bas de la tente.
Dès que je sors mon défence 6 de son sac de compression étanche, je le glisse dans le sur sac GoreTex.
Tout le matériel est trempé. L'appareil photo baigne dans son étui. Idem pour le GPS.
J'ouvre en grand la porte intérieure de la tente et j'allume le réchaud à bougie : une grosse bougie à 3 mèches dans une gamelle alu. Ca fume dans la tente, on dirai un hamman.


Je m'endors au sec et au chaud alors que dehors les rafales de pluie claquent contre la tente.
Au milieu de la nuit, la température a du descendre car la pluie a été remplacée par du grésil mais le vent n'a pas faibli.

A 7 h 30, je me sors à regret de mon sac de couchage. Heureusement, j'avais pris un change qui est resté au sec dans un sac de spéléo. Mes affaires de la veille ont gelés et je les enfourne dans le sac spéléo de force. Par contre pour mettre le pantalon qui a gelé, c'est folklo. Idem pour les chaussons des coques.



Je sors. Il fait beau et il gèle. Ouvrir les caisses pour préparer le petit déjeuber nécessite de casser la glace qui s'est formé dans la nuit. Il y a toujours un peu de vent et ça sèche mon pantalon avant qu'il est le temps de mouiller le collant. Lorsque je veux allumer le réchaud, la pompe est bloquée puis cède d'un coup mais pompe plus rien. Je dois la remplacer.

Finalement le réchaud repart. Je fais chauffer l'eau de la veille qui a gelé dans le faitout et commence à ranger. Pendant que je distribue la soupe aux chiens, je fais chauffer l'eau dans la bouilloire. Muesli et café pour moi.

Je recharge le traineau avec les affaires, attèle lkes chiens, récupère ma stake et on repart.
Il fait presque beau (en tout cas, il ne pleut plus) et la neige gelée porte.

A 13 h, on arrive au camion. Le temps de tout ranger et il faut rentrer





musher

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Date d'inscription : 27/02/2014

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